De nouvelles cloches pour l’église Sainte-Benoîte à Lerzy

Diling, diling ! Pour que les cloches de l’église Sainte-Benoîte résonnent à nouveau par-delà les distances, une réunion s’est tenue samedi après-midi, en mairie de Lerzy. L’objectif : recueillir les desiderata de la frange de la population présente afin de choisir les sonorités des deux nouvelles cloches ainsi que les inscriptions et décors qui leurs seront apportés. Une démarche participative imaginée par le maire, Jérôme Langhendries : « C’est important que les habitants soient associés à 100 % à cette rénovation de l’église », insiste-t-il.

Pour rappel, le 11 mars 2014, l’édifice religieux d’inspiration romane et daté de 1632 était en partie ravagé par un incendie. Le chantier de sa reconstruction a débuté il y a quelques mois. Un impressionnant échafaudage ceinture actuellement l’édifice religieux.

Le 1er mai 2018, jour de la fête du Travail, Lerzy sera en pleine effervescence. « Avec le conseil municipal, on a décidé de couler les cloches dans le village », dévoile le maire. Après une randonnée organisée le matin, les deux cloches seront fabriquées en public, puis bénies et montées dans le clocher le 19 mai. L’idée-force, c’est de fédérer autour d’un événement unique dans le bocage thiérachien. Concernés, les habitants ont comme prévu pris la parole quant au choix des inscriptions figurant sur les deux cloches. « Une des deux cloches doit s’appeler Aline pour honorer la doyenne du village âgée de 91 ans, Aline Gouin », lâche à voix haute une habitante. Un autre habitant poursuit : « Je propose Guy en hommage au père historique du village, aujourd’hui à la retraite, Guy Langhendries. » Le choix définitif sera arrêté début janvier.

La fabrication s’effectuera en public, dans un champ

Au cours de cette même réunion, les habitants ont découvert, étape par étape, les contraintes techniques liées à la fabrication des deux cloches. C’est Bernard Paschal, artisan campanaire installé à Wimereux (Nord), qui a procédé à cette présentation. « Avec mon équipe de fondeurs, on va couler les cloches comme on le faisait au Moyen-Âge, sous les yeux des habitants. C’est un temps de partage et d’émotion », révèle-t-il avant d’en dévoiler le lieu : la coulée à la louche du métal liquide chauffé à 200 °C s’effectuera dans un champ en gradin. « Si on se met en bas avec notre four, vous pourrez tout voir en vous mettant en arc de cercle derrière les barrières de sécurité », ajoute l’artisan. Un appenti sera créé, car « l’ennemi de la fonderie, c’est l’eau », rappelle Bernard Paschal. Préparation des moules avec les colombettes pour accueillir les oreilles des cloches, fabrication du four maçonné avec creusets et alimenté avec un brûleur au fuel, rien se sera l’œuvre du hasard. Tout se fera en une seule coulée. Avec des flammes qui jailliront des côtés de la cloche. Le métal fondu prendra des couleurs étonnantes, des verts notamment, prévient l’artisan. Le démoulage se fera le lendemain, à froid : on cassera le moule pour sortir la pièce de fonderie. Une fois en place, les cloches sonneront à la volée, matin, midi et soir, dans une hiérarchie sonore.