Restauration de l’abbatiale Saint-Yved de Braine

Source : Article publié sur culture.gouv.fr le 28 mai 2021

 

Financés dans le cadre du Plan de relance, les travaux de restauration de l’abbatiale Saint-Yved de Braine dans l’Aisne sont lancés pour un achèvement prévu à la fin de l’année.

Dans le domaine du patrimoine les crédits du Plan de relance concernent dans les Hauts-de-France des travaux sur les cathédrales de Soissons, Cambrai, Beauvais et Amiens gérées par l’État, sur les équipements patrimoniaux mais aussi sur des monuments non État protégés au titre des Monuments Historiques à l’instar de l’abbatiale Saint-Yved de Braine dans l’Aisne.

D’un montant de 815 115 euros HT la deuxième phase de travaux de restauration de l’abbatiale bénéficie d’une aide de l’État de 407 557 euros dans le cadre du Plan de relance.

Le programme de restauration

Cette opération s’inscrit dans le cadre d’un programme de restauration complète du clos-couvert de la collégiale. Elle sera réalisée dans les années à venir, compte-tenu de l’état très dégradé du monument particulièrement endommagé pendant les deux guerres mondiales. Ce programme a fait l’objet d’une étude de diagnostic en 2016, pour un montant prévisionnel global de travaux s’élevant à 4.000.000 € HT.

Par ailleurs, une étude de faisabilité pour le rétablissement d’une flèche sur la tour-lanterne de la collégiale vient d’être commandée par la commune de Braine et financée en 2021 par la Direction régionale des affaires culturelles Hauts-de-France. En effet, la flèche qui protégeait la tour a été détruite durant la seconde Guerre Mondiale. Aussi le rétablissement d’un tel ouvrage (dont la forme et la composition sont à étudier avec le plus grand soin) permettrait de couvrir de façon pérenne la tour et d’abriter le beffroi des cloches exposé aux intempéries depuis les années 1960, tout en redonnant à cette tour une silhouette élancée, en harmonie avec les volumes et l’architecture de l’édifice.

Les grandes étapes de la restauration

La maîtrise d’œuvre de la présente opération de restauration a été confiée à Maël de Quelen, architecte en chef des monuments historiques.

Une première tranche de travaux vient de s’achever et concernait  :

    • la restauration complète du clos-couvert du bras Nord du transept,
    • la restauration complète du clos-couvert de la sacristie et de son passage extérieur
    • la révision des couvertures de la nef et des bas-côtés,
    • la restauration et le couvrement en plomb des coursives du transept et de la nef,
    • la réfection du système d’évacuation des EP enterré,
    • la restauration du deuxième arc-boutant Nord de la nef et du quatrième contrefort du chœur.
    • la révision des couvertures des chapelles Nord et Sud du chœur et des deux premières travées du chœur

La deuxième tranche de travaux financée par le Plan de relance concerne :

    • la restauration complète du clos-couvert du bras Sud du transept,
    • la restauration complète du clos-couvert de la tour-lanterne et la consolidation des arases et tourelles instables
    • la réfection de l’étanchéité de la toiture-terrasse
    • la mise en œuvre d’un auvent de protection du beffroi, et la révision de ce dernier

Eglise Saint-Yved

L’église est bâtie selon un plan en croix latine, avec une nef de cinq travées ouvrant sur deux bas-côtés autrefois précédée d’un massif occidental, puis un transept peu saillant et un long-chœur ouvrant sur quatre chapelles échelonnées disposées à 45°, et terminé par une abside hémicirculaire. La croisée du transept est surmontée d’une haute tour-lanterne qui était autrefois surmontée d’une flèche, peut-être en pierre à l’origine, puis en charpente à partir du XVIIe siècle, et remplacée plusieurs fois jusqu’à la fin du XIXe siècle.

Au début du XIXe siècle, l’église a été amputée de son massif occidental et d’une partie de sa nef, (très endommagés après la Révolution). Elle a été classée au titre des Monuments Historiques en 1840 avant d’être entièrement restaurée à la fin du XIXe siècle par Maurice Ouradou, gendre d’Eugène Viollet-le-Duc. Très endommagée durant les deux conflits mondiaux qui suivirent, elle a été partiellement restaurée depuis. En effet bien que les toitures de la nef et du chœur ont été entièrement reconstruites dans les années 1950, la tour, le transept, la sacristie et la majorité des élévations extérieures sont restées en l’état, et la flèche est toujours manquante.