Joyeuse messe des Nations

Chaque année, l’église Notre-Dame du Sauvoir à Laon accueille la messe des Nations, à l’occasion de la Journée mondiale du migrant et du réfugié. Monseigneur Renauld de Dinechin a présidé l’office, entouré de plusieurs prêtres : Samuel Hounkpé, Floribert Omolé Lumbé, Gérard Randriarisoa et Pascal, & du diacre Pierre France.

Plus d’une centaine de personnes ont participé à une messe à la joyeuse ambiance, unique pour les oreilles et les yeux, vêtements et drapeaux. La cérémonie est très marquée par l’Afrique, l’Amérique latine, l’Asie et d’autres pays d’Europe. Le Bénin, les deux Congos Kinshasa et Brazzaville (ex colonies belge et française) et Madagascar étaient effectivement présents, le Cameroun, la Côte d’Ivoire et le Sénégal en pensée. Le Brésil et la Colombie étaient parmi nous. Des paroissiens originaires d’Iran, du Liban, des Philippines, de Syrie et du Vietnam étaient aussi chez eux, dans l’Aisne. La Belgique, la Croatie, l’Espagne, l’Italie compensaient l’absence de la Pologne et de la Russie. Les Axonais d’origine étaient évidemment actifs.

Pour ce qui est des sons, un festival enthousiasmant. Le Gloria était chanté en lingala, langue du Congo, et la Procession de la Parole de Dieu en malagasy (Madagascar). La première lecture (Livre des Nombres) portait les sons espagnols grâce à Fabiola et Angela. Le psaume avait des couleurs portugaises. La deuxième lecture (lettre de Saint Jacques) résonnait dans la langue Bisaya des Philippines. L’acclamation de l’Évangile nous a emporté en malagasy. La prière universelle a fait se succéder plusieurs langues : italien avec Fabienne, français avec Dominique, malagasy avec Judith, persan avec Hesam et béninois.

Au début du repas partagé et intercontinental qui suit l’office, Fabienne a lu un texte en hommage à son père venu d’Ombrie après la Seconde Guerre mondiale. Des trains entiers emmenaient de jeunes hommes d’Italie afin de participer à la reconstruction du pays.

Témoignage d’un émigré italien  « Mon père est un Italien qui a voulu réaliser son rêve en venant en France en 1957. Il a été conseillé par un prêtre qui lui a donné l’Espérance. C’est ainsi qu’il est arrivé en France avec 400 autres compatriotes pour travailler sur les chantiers qui demandaient beaucoup de main d’œuvre et de savoir-faire, ce que les immigrés apportaient. Transportés par cette espérance, les voilà devenus un peuple de Dieu marchant joyeusement. Mon père est arrivé en gare de Lyon où on l’a d’abord dirigé dans une mauvaise direction. Puis il a rejoint la Normandie et ensuite, dans le Nord, une équipe de travail qui était chargée d’installer l’eau courante dans les villages en France. Là, il était grutier. Il s’est retrouvé dans un petit village près de Maubeuge, où il a réussi à habiter dans une pension tenue par ma grand-mère et dont il a gardé un très bon souvenir parce que bien logé et bien nourri. Il y a rencontré ma mère. Ils se marièrent et eurent quatre enfants. Entretemps, il est devenu diéséliste pour travailler dans un garage de réparations de véhicules poids lourds. Il a créé, quelques années plus tard, son propre garage. Aujourd’hui, ce garage est devenu une entreprise de transports prospère où travaillent mes frères et ma sœur. Ma mère est décédée, mais j’aurais voulu qu’elle soit encore présente afin de voir tout cela. N’oublions jamais que ce sont les personnes immigrées qui forment le tissu économique de fond de ces eldorados que constituent les terres d’accueil. Oui, peuple de Dieu, marche joyeux. »

Précisons que le livret, très bien réalisé, donnait les paroles dans les langues entendues et la traduction en français. Pascal Graindorge

Message du Saint-Père pour la 110e Journée mondiale du migrant et du réfugié (JMMR) du dimanche 29 septembre 2024 : » Dieu marche avec son peuple ». Télécharger le message.

Prière pour cette journée à télécharger